Ben pour les plus motivé.es, le hardcore, le noyau dur, j’imagine que ça ne les freinerait pas trop, mais pour la grande majorité, ça me paraît compliqué de leur demander ça en plus !
De ce que j’ai pu observer un peu partout en France, en termes de projets alimentaires citoyens, on ne trouve en effet notre équilibre et notre indépendance qu’aux deux extrémités du gradient, dans les GA ou groupes autogérés qui fonctionnent à toute petite échelle et avec très peu de charges, ou dans les coops « de masse » visant à rendre service au plus grand nombre.
Tous les projets petits ou moyens sont hélas, ou bien en difficulté économique à cause de charges trop élevées (salariales ou locatives principalement) ou bien en panne de RH avec très souvent une poignée de personnes très engagées qui font tourner la boutique. Ou bien les deux… je ne vais pas citer de noms mais on a tous.tes en tête beaucoup trop d’exemples de faillites récentes ou à venir dans notre petite communauté ![]()
Pas la peine de faire un laïus sur les ambiguïtés opérationnelles d’un modèle coopératif et participatif appliqué à la grande distribution, il y a quelqu’un qui a fait un travail très complet et admirablement documenté là-dessus ![]()
Mais pour moi, vu le contexte économique extrêmement concurrentiel, l’essentiel consisterait à ne jamais oublier que nos camarades coopérateur.ices sont certes copropriétaires et bénévoles de la boîte, mais en sont aussi et avant tout client.es… on doit donc penser à leur rendre service et leur faciliter la vie au maximum. Plus simple et gratifiante est leur relation à la coop, plus on aura en effet de chances de les voir revenir et s’y investir !
En pratique, toujours dans ma vision perso du truc : le « bureau des membres » doit simplifier tout ce qu’il peut dans la relation du.de la coop à l’entreprise, tant pis si les ultras t’accusent de laxisme ; les discriminations de tout acabit doivent être vigoureusement combattues partout ; le bénévolat doit être agréable et utile pour tous.tes, même si ça nous complique la vie à nous d’organiser l’animation des créneaux ; le magasin doit être propre, attrayant et ouvert à de très larges horaires ; les rayons doivent être bien remplis, et en particulier les rayons de frais, là où nous sommes les plus compétitifs ; la gamme doit être variée et largement ouverte aux suggestions des coops ; les prix doivent être plus intéressants qu’ailleurs !
Je sais, ça fait beaucoup de contraintes… mais dans la crise de civilisation que nous vivons, le recrutement de masse est à ce prix, je le crains.
Concernant l’implantation de la SSA et/ou d’une caisse alimentaire citoyenne et/ou d’un dispositif de redistribution d’après revenus, c’est beaucoup plus efficace de s’appuyer sur une communauté de 3 ou 5000 citoyen.nes que sur quelques dizaines de militant.es. Jusqu’ici, à ma connaissance, très peu de dispositifs ont dépassé le stade expérimental, en partie à cause de ça. Mais on ne lâche pas l’affaire, l’avenir est dans le communalisme nesspas !