Le choix de l'outil de gestion des coopératives


#7

Bonjour à tous,
Chouette sujet !
Je vais apporter la vision Grenobloise “dissidente” ici. :slight_smile:

S’ouvrir
Si l’on commençait par intégrer et accepter qu’il existe plusieurs modèles de super marché coopératif, et qu’aucun de ces modèles ne peux être considéré comme LE modèle à suivre ?
L’une des plus belles choses dans ces aventures collectives n’est elle pas l’expérience de la construction coopérative locale ?

L’éléfàn est associatif (ce n’est PAS une coopértive). Il est indépendant : il vit sans aucune subvention.
L’épicerie est autogérée bénévolement. La présence d’un salarié n’est pas requise pour une journée de vente ordinaire.
C’est à dire que tout doit être à la portée de tous les membres.
Le projet Grenoblois ressemble aux Grenobloises et aux Grenoblois qui le peuple.

Comprendre les motivations
Pourquoi est-ce que les projets, même différents, ne peuvent-ils pas partager la même solution technique ?
Pourquoi ne pas partager et s’entraider si cette solution est adaptée ?
Mais est-ce que cette solution technique est adaptée ?

C’est cette dernière question que nous nous sommes posé il y a presque 2 ans ici à Grenoble.
De quoi avons nous besoin ? Pas nécessairement indépendance totale, mais certainement d’une autonomie complète et d’une grande flexibilité. Nous souhaitons, bénévolement (c’est à dire sans dépenser un euro) être capable de faire évoluer rapidement, sans contrainte et de manière autonome nos solutions.
Odoo ne nous convenait donc pas.

Passer le POS à l’échelle

Le vrai enjeu c’est quand on passe en statut coop
(…) sur un fonctionnement plus structuré avec une gestion des stocks millimétrée, la nécessité de générer automatiquement des commandes de réappro, de synchroniser les balances, les TPE, de mettre à jour les étiquettes rayons, etc.

Pourquoi le logiciel utilisé dans la phase précédente (ie “n’importe quel POS”) ne serait il pas capable de gérer un commerce coopératif de manière complète est fiable ?
Qu’est-ce qui différencie une activité de vente dans un super marché coopératif de l’activité de ventre dans un autre commerce alimentaire ?
( et, question subsidiaire, pourquoi passer un jour au statut coopératif ? )

La spécificité coopérative

le module de gestion du travail, avec toutes ses règles complexes d’équipes classiques et volantes, de pénalités, de congés, d’assouplissements sur certaines périodes, de statuts et de droit à acheter

C’est en effet la seule “brique” qui est spécifique et que l’on ne peu pas trouver open-source ou acheter. (en tous cas, quand on a fait le tour on a rien trouvé).
Le projet Grenoblois a décidé de développer cette brique applicative de zéro et de manière 100% bénévole et désintéressée. Technologie simple (PHP) périmètre simple (seulement celui ci) et aucune connexion au reste (volontairement).
Celui ci nous permet une grande souplesse (nouveaux développements rapides et gratuit) et une grande facilité d’utilisation pour tous.
NB: Nous avons à grenoble notre propre politique de gestion du bénévolat (pas d’équipe volante (tout le monde est volant), gel et dégel du compte possible, pénalité différentes, …)

Un exemple
Pour ne donner qu’un seul exemple, voici un cas concret.
Je le disais plus haut,

tout doit être à la portée de tout les membres.

C’est aussi valable pour l’ouverture ou la fermeture de l’épicerie. Mais on ne va pas faire 900 copie de la clefs du rideau !
Nous avons ajouté un boîtier à code à l’extérieur (50€) et développé une fonctionnalité pour que le code soit différent chaque jour et disponible sur l’espace membre de ceux qui en ont besoin. (5 à 10h de développement bénévole).
Combien de temps il aurait fallu et/ou combien aurait coûté l’ajout d’une telle fonctionnalité sur FoodCoops Odoo ?

Réinventer la roue
Non, heureusement il n’est pas nécessaire de tout réinventer.

interfaces balances, TPE, Achats, ventes, compta, gestion du frais, mailings, etc

Tout ceci existe déjà dans un nombre incalculable d’outils.
Mais pourquoi Odoo serait le meilleur de tous ?
Le meilleur outil n’est il pas celui qui nous correspond le mieux ?

Démesure
Il ne fait aucun doute que l’outil FoodCoops est une machine performante. Odoo est la référence ERP en europe non sans raison. Il est probablement très adapté à une entreprise comme la Louve.

L’un des 6 piliers de notre socle commun ici à Grenoble est la sobriété.
“Le projet se comporte avec retenue. Il resté mesuré, simple.”
Gratuit ou non, la dimension d’un tel outil ne nous correspond pas.
Faire développer à l’étranger car les développeurs Français sont trop chère et qu’aucun bénévole n’est capable de faire le travail n’est qu’un des signaux d’alarme pour nous.
Et nous n’aurons sans doute jamais les moyens financiers d’avoir un tel outil, car nous ne sommes pas sur un projet d’entreprise.

Pendant ce temps à Vera Cruz
Je suis aussi bénévole pour la monnaie locale à Grenoble. Le mouvement SOL, qui fédèrent les MLC sur le territoire Français, est sur un chantier de mise en commun d’un outil pour le passage au numérique des monnaies. Ce sont les même problématiques : tous les projets sont différents, à la fois dans leurs philosophies mais aussi dans leurs maturités et dans leurs capacités financières.
Chacun a déjà ses outils, parfois ils sont commun mais tous personnalisés, … Je suis curieux de voir ce qu’il va en ressortir.

A bientôt !


#8

Bonjour à tous,

Je réponds partiellement, tellement de points soulevés j’ai le sentiment que ce thread va exploser les plafonds donc je vais essayer de faire dans la sobriété

Pour répondre à Pierre :

  • Pour les partages, Bordeaux et Toulouse ont travaillé sur de la doc et de notre côté nous partageons nos guides utilisateurs et des vidéos. Je peux en outre faire des vidéos sur commande. Je suis très peu sollicité par les coopératives, ce qui est dommage. Nous avons évoqué avec Olivier l’idée de faire des soirées montée en compétences par module
  • Pour l’échange de services c’est géré dans l’espace membres désormais
  • Pour l’ergonomie sur les souscriptions je ne vois pas du tout la nécessité de passer par un autre applicatif l’équipe Louve est montée en compétences en qq heures
  • Pour l’ergonomie plus générale, je suis preneur je l’avais déjà dit pour maquetter la fiche produit par exemple pour faciliter car à La Louve je n’ai jamais trouvé de membre prêt à lancer ce chantier et les salariés ne se sentent pas gênés. Sinon sur le travail des membres et sur les achats un énorme travail d’ergonomie a été fait cette année pour nous faciliter la vie
  • Sur l’inventaire il faut installer le module coop_inventory et coop_inventory by category pour plus d’ergonomie et nous envisageons le scan mobile mais le process actuel est largement délégué aux bénévoles
  • Sinon plus généralement sur les mises à jour on livre toutes les semaines donc difficile de se coordonner avec les coops qui ne sont pas hébergées chez Trobz et qui nécessairement se désynchronisent

#9

Pour répondre à Gaëtan :

  • Ce n’est pas un gros mot d’être une entreprise, nous nous rattachons à l’ESS dont l’ambition est de fournir une alternative. Nos entreprises sont sans but lucratif et les actions sont détenues par les consommateurs
  • Développer à l’étranger : seulement la moitié du budget a été mise au Vietnam mais en admettant que c’est MAL (pour éviter de rentrer dans un argumentaire). On met 4000 € par mois + 350 € par coop pour l’hébergement. A côté de ça sur novembre La Louve fait 610 k de CA et Superquinquin 105k. Donc ce n’est rien (et on arrête les gros développements en janvier) par rapport à ce qu’on apporte à nos membres et aux autres coopératives à qui on ne demande pas de se “salir les mains”
  • La techno : Odoo est l’ERP Open-Source de référence et techniquement c’est un framework sur lequel les développements sont super rapides. Je ne peux pas répondre sur le temps d’implémentation de ta fonctionnalité car je ne sais pas ce qu’elle fait mais je peux te dire que si c’est simple à faire en PHP c’est simple à faire sur Odoo. La différence étant que si on le fait sur Odoo c’est disponible pour tout le monde.
  • Sur le coût, refaisons le point dans 3 ans et voyons combien vous avez dépensé par rapport aux coopératives qui ont adopté FoodCoops et voyons ce que vous avez en face comme fonctionnalités. 10k pour un ERP complet c’est rien, et le financement se fait quand vous avez les moyens

Sinon plus généralement, les grandes villes françaises ont une sociologie plutôt homogène, le modèle vient des US, on est en discussions avec la Belgique, la Suisse et l’Espagne. Je suis allé plusieurs fois à Grenoble et je n’ai pas l’impression que ses habitants aient trois yeux ou des écailles. Des centaines, voire des milliers d’initiatives similaires ont été lancées depuis des dizaines d’années. Dans le 18e à Paris il y a deux micro-coops à 500m de La Louve qui stagnent. Mes parents étaient membres d’une coopérative du même style dans les années 80 qui a duré six mois. Ce qui est réellement nouveau sous le soleil c’est que La Louve va être bénéficiaire en 2018 et atteindre les 6M de CA HT.
Donc c’est sympa de s’y investir et de participer à ce projet collectif, mais c’est surtout sympa d’aller y faire ses courses pour une participation minimale. La vraie ouverture, c’est d’intégrer différents types de populations à qui on offre un service concurrentiel par rapport aux autres offres. On permet à nos membres de rediriger leur argent vers un modèle plus respectueux et durable. Cela peut paraître réducteur mais l’indicateur principal est le chiffre d’affaires. On ne peut pas prendre tous les combats sur nos épaules, la viabilité des supermarchés coopératifs est précaire alors faisons les tourner d’abord et à chaque projet de décider de son degré de radicalité.
L’enjeu c’est de convaincre, de s’ouvrir pour que la plus grande part du budget des ménages soit détournée vers nos supermarchés. Tout le reste est secondaire. Nous proposons un modèle (Odoo n’est qu’un élément facultatif) qui a fait ses preuves et pour la grande majorité de vos membres, c’est déjà pas mal. Les autres objectifs (l’open-source, faire participer des développeurs bénévoles pour ne parler que d’ERP) doivent être remis à leur place tant que la viabilité de votre supermarché n’est pas sécurisée.

Pour moi le “tout doit être à la portée de tout les membres” est clairement une fausse bonne idée. Les membres ont surtout envie de venir faire leurs courses tranquilles et pas de venir toucher à votre PHP.


#10

3 messages ont été déplacés vers un nouveau sujet : Pourquoi une coopérative?


#11

Modération: J’ai déplacé le début de discussion sur les statuts coopératif dans un nouveau sujet, dans la partie “Juridique”!


#12

@simon.jejcic Merci pour ta réponse qui va dans mon sens

Il existe plusieurs modèles de super marché coopératif

Je comprend le modèle Louve, et j’espère que les Parisiens continuerons à plébisciter en masse cette alternative plutôt que la grande distribution classique.

Mais ce modèle, si performant et différent soit il, n’est pas celui du projet des Grenoblois de l’éléfàn.
La différence fondamentale avec le modèle porté par la Louve est la place et le statut que l’on donne à nos membres.

Notre projet, si modeste soit-il, est viable depuis l’ouverture de l’épicerie en 2017. Notre (petit) chiffre d’affaires 2018 est 350k€. Comme cet objectif de viabilité économique est déjà rempli, le projet ce concentre sur la co-construction. Il propose à ses membres de co-construire un modèle local.
Cette participation est au coeur du projet, c’est la raison d’être même.
Nos membres n’adhérent pas pour “un service concurrentiel”. Ils adhérents pour co-construire un modèle alternatif qui leurs ressemble.
Je ne sais pas si les Grenoblois on des écailles sous leurs anorak Quechua, mais je sais que ce n’est pas les prix bas de l’éléfàn qui font briller leurs yeux.
Et si ce modèle local de super marché échappe un jour a l’idée initiale qu’en avait ses fondateurs c’est tant mieux.
L’activité de super marché n’est qu’un support pour cette aventure humaine. (oui vous avez bien lu)

Je comprends que ce soit difficile de l’admettre, mais d’autres modèle de super marché coopératifs sont possibles.
Tous sont des alternatives préférables aux modèles de grande distribution, mais chacun peux porter un idéal et un objectif différent.

Pour revenir au sujet : petit calcul de coin de table, (aidez moi a corriger/compléter pour avoir les vrais chiffres)

  • Louve + Superquinquin = 8000 + 1400 coopérateurs ? (chiffres ?)
    Coûts mensuel FoodCoops = 250x2 + 300x2 = 1100€ /mois (hébergement + support)
    -> Coût mensuel par coopérateur : 0,12€
  • Grenoble 700 adhérents
    Coûts mensuel App membres + ERP-POS = 230€ /mois (tout compris, dont la location matériel)
    -> Coût mensuel par membre : 0,32€
    -> Coût mensuel si FoodCoops par membre = 600€/700 = 0,86€ (avec matériel acheté amorti sur 5 ans = 50€ /mois )

C’est du coin de table, et voici quelques limites importantes :

  • Aucune économie d’échelle n’est possible avec le modèle Grenoble.
    La mutualisation n’apporterait rien financièrement. Un plus grand nombre de membres ne viendrait pas réduire les coûts non plus car il demanderai plus de caisses et donc des frais mensuel plus important.
  • Je ne connais pas les coûts matériel FoodCoops (balance, scanettes, poste fixe, …), ils ne font donc pas partis des calculs
  • J’accepte de ne pas “amortir” les coûts de développement de FoodCoops et de le considérer comme un produit sur étagère.
  • Je pars du principe que toutes le fonctionnalités existent dans les deux systèmes, mais un tableaux comparatif précis serait top.

#13

Salut Gaetan,

J’estime coût matériel informatique d’une caisse Louve à 1300€ mais c’est à vérifier. Après on parle là d’une configuration assez luxueuse, les coopératives qui le souhaitent peuvent couper largement dans ce budget.
Pour les balances c’est 2000 € pièces, ce sont des balances rayons, on ne fait pas de pesée en caisse. Voici une vidéo datant d’un an qui présente le dispositif. On a depuis ajouté deux caisses et l’accueil s’est déplacé à l’entrée principale.

Voici un lien vers des factures de matériel, à noter que les scanners datalogic 9200 ne sont pas utilisés.

Sinon pour les coûts FoodCoops j’ai vérifié c’est 300€/mois pour l’hébergement mais même sans contribuer au développement il faut prévoir un budget annuel de support disons 3000 €. Et les deux tranches de mutualisation de 5 000€.

Les 4000 €/mois sont du développement, on a terminé quasiment mais à prévoir des coûts récurrents de maintenance évolutive et surtout de migration disons 50-60k tous les deux ans pour monter de version Odoo. Ces coûts là ne sont pas à intégrer dans le budget des coops, ce sont des coûts mutualisés et supportés par La Louve et les grosses coopératives.

Donc effectivement c’est un budget significatif mais les arguments principaux :

  • FoodCoops est maintenant un produit sur étagère qui gère tous les aspects de la coopérative (sauf la paye) sans R&D
  • gains de temps d’avoir tout dans le même outil et tout à été fait pour faciliter la vie des utilisateurs, notamment salariés. Ce qui permet à La Louve de tourner avec 8 salariés pour 6M CA annuel tranquillement
  • mutualisation entre les coops, on partage un outil et des processes, tout le monde parle le même langage ce qui permet de structurer les coopératives

J’espère qu’on arrivera un jour au stade où on peut proposer Odoo en SaaS et avec suffisamment de participation pour que l’outil puisse être financé en pourcentage de CA.

Bonne journée,

Simon


#14

Bonjour à tous,

Thread très intéressant, merci Simon d’avoir levé le sujet.
Je vais donc donner l’avis de Supercoop qui utilise Odoo en production depuis maintenant Avril 2017.

Les choix et la solution proposée par La Louve sont de mon point de vue une solution vraiment intéressante autant sur le fonctionnel car cela répond pleinement au cahier des charge FoodCoop qui est notre modèle que d’un point de vue technique.

A posteriori il me semble que la solution la plus simple est de partir tout de suite sur l’ensemble du périmètre proposé par la Louve et dans les conditions proposées par la Louve, mais alors se pose le problème que nous avons depuis le début : le financement.

Le choix de Supercoop a été d’intégrer en douceur et petit a petit les briques proposée en OpenSource sur notre propre serveur, et nous en sommes toujours là. Cette solution est peu coûteuse mais nécessite une petite équipe IT compétente et surtout qui a du temps a consacrer au projet et sur le temps long afin de ne pas avoir a gérer les pertes de compétences et la formation de nouveau bénévoles.

Aujourd’hui Supercoop fait 50 KEuros de CA par mois en moyenne en progression régulière pour 900 coopérateurs, et au final ce choix n’est pas soutenable car il n’est pas possible de suivre le rythme de livraison et de modification des modules du repo foodcoop.

Nous sommes donc sur une solution qui fonctionne bien mais qui est bloqué en version depuis 1 an et que nous maintenons en marchant sur des œufs.

Le seul avantage est qu’il est simple d’adapter la solution aux contraintes qui nous sont propres autant techniques que fonctionnelles. Par exemple nous avons publié une mercuriale en mode portail Odoo pour les “Parts-D” qui sont des partenaires de type association ou organisation avec qui nous avons une convention qui leur permet de consommer dans la magasin contre un service. Cette fonctionnalité n’existe pas dans le modèle FoodCoop proposé, nous avons juste détourné notre installation pour le mettre en oeuvre, mais est-ce possible lorsque on rejoint le socle commun? Comme dit dans le thread, il y a des fonctionnement qui peuvent être légitimes mais qui ne sont pas prévu à Paris, comme par exemple en province la multiplicité des fournisseurs pas bien pris en charge dans Odoo, La Louve n’ayant pas ce problème en réduisant drastiquement les fournisseurs dans la logique de Paris. Pour nous la gestion des commandes et de la facturation fournisseur n’est pas optimale tel qu’elle existe.

Ou nous en sommes, revenir sur la plateforme commune et l’hébergement mutualisé n’est plus une question de choix : c’est devenu une nécessité pour la sécurité de fonctionnement du magasin.

Mais nous butons toujours sur le financement, au démarrage d’une coopérative comme la notre, nous sommes en permanence sur le fil du rasoir avec un peu de tréso, mais il n’est pas possible d’investir, et de toute façon nous n’avons pas prévu d’être a l’équilibre avant mi-2019 pour un magasin ouvert en Mai 2018.

D’autre part trouver des financement sous forme de subvention est devenu vraiment compliqué… pour le moment nous n’en avons pas obtenu.

Côté utilisateurs la prise en main Odoo n’est pas toujours évidente particulièrement pour les achats et la gestion de stock, et lorsque on sort de la plateforme commune on perd bcp de temps sur une utilisation inadéquate de l’outil, car et c’est normal, il n’est pas question de déranger la Louve pour avoir du support fonctionnel.

Donc en synthèse la solution est une bonne solution a condition de ne pas s’éloigner de la plateforme commune.
Le ticket d’entrée sur la plateforme commune est un vrai problème même si il est justifié. De mon point de vue cela devrait être comme dit plus haut par Simon proportionnel au CA et dans tous les cas je ne vois pas comment une Coop peut se lancer sans financement bancaire avant même d’être à l’équilibre ce qui pose le problème de l’œuf ou de la poule! :wink:

Enfin une fois avoir accepté le modèle et trouvé le financement il reste posé le problème du fonctionnement et de la gouvernance d’une plateforme mutualisé que j’appelle de mes voeux. Sur ce point là nous n’avons pas bcp avancé depuis 2017 et c’est dommage.

Coopérativement.

./Fred


#15

Hello Frédéric,

Merci pour ton message, je réponds sur trois points :

  1. ticket d’entrée sur la plateforme : il n’y a pas de ticket d’entrée. Je vous encourage à rejoindre la plateforme même sans participer à la mutualisation pour l’instant. Cela évite en effet de gérer vous même les montées de version et sécurise l’exploitation.
  2. il n’est pas question de déranger la Louve pour avoir du support : je suis à votre disposition pour répondre à vos questions sur FoodCoops
  3. la gouvernance : pour l’instant La Louve finance quasi-exclusivement. On ne peut pas rajouter une couche de participation juste pour le plaisir de vous faire plaisir. Lorsque nous aurons un système réellement mutualisé avec des coops en démarrage payant un montant minimal et les grosses coops finançant les développements il faudra une gouvernance plus collective.

Bonne journée,

Simon


#16

Et pour répondre sur la liste des fonctionnalités, je vous ai préparé une looongue vidéo de présentation générale de ce que fait Foodoops.

A bientôt,

Simon


#17

Bonjour,

Je saute dans l’arène et j’aimerais donner le point de vue de Breizhicoop, à Rennes.
Notre projet existe depuis maintenant 2 ans et dès le début la question “Odoo ou pas Odoo” c’est posée. Nous avons donc étudié la situation en profondeur pour venir à la conclusion que le modèle Odoo Food Coop, aussi génial et polyvalent soit-il, ne convenait pas à nos besoins, et voici les raisons.

1. Trop risqué. Le coût de son développement à long terme est exorbitant, même si le ticket d’entré est en apparence très faible. Il y aura toujours des développements nécessaires, des montés en versions, etc. Ça nous a semblé rapidement être un gouffre financier. Au final, on a pris un prestataire de caisse (Vracoop) qui coûte 50 euros/mois + achat du matériel (5000 euros) et c’est tout ! Le logiciel de gestion des membres proposé par Grenoble est très efficace et 100% gratuit. En définitive, les frais fixes sont très bas.

2. Peu de support. Odoo est une gros logiciel difficile à prendre en main et qui nécessite plusieurs experts. C’est complètement à l’opposé d’un modèle qui se veut décentralisé et facile à prendre en main pour tous. Pour avoir visité plusieurs supermarchés coopératifs qui utilisent Odoo, c’est une vraie galère pour la plupart des bénévoles, autant à la caisse qu’aux achats.

3. Flexibilité. Il nous a semblé plus prudent de séparer le logiciel de caisse (gérer par un prestataire, donc jamais de soucis) et un autre logiciel de gestion des membres. Celui proposé par Grenoble est très polyvalent et son développement peut facilement être mutualisé, car il n’est pas soumis à une réglementation (comme Odoo).

4. La gouvernance.

C’est exactement le genre de discours qui nous a dissuadé d’embarquer dans Odoo avec La Louve. L’ERP est un choix crucial pour un commerce, c’est très difficile de revenir en arrière. Alors qui aurait envie de s’embarquer avec des gens qui affichent clairement leur hostilité aux besoins des autres ? Bien sure le logiciel est offert gratuitement, mais ça me semble être un piège qui se refermera sur ceux qui auront mis le pied dedans.


#18

Hello,

Tu fais bien de “sauter dans l’arène” l’idée de ce post était justement de faire ressortir les différents points de vue.
Sur le dernier point on est plus sur de la discussion de facebook live sur un rond point. Une sorte de complot de la grande distribution qui financerait La Louve pour étouffer les gentils projets citoyens… Nous avons un budget et nous l’utilisons comme il nous semble opportun, aucune raison pour nous de se lancer dans de la comitologie avec ceux qui ne souhaitent pas mutualiser avec nous. Je me concentre donc sur les autres points qui sont plus intéressants.

  1. Trop risqué. je ne conseillerais jamais à une petite coop de se lancer seule sur Odoo. Je suis arrivé à La Louve il y à quatre ans, j’étais expert Odoo et La Louve venait de décider de mettre en place Odoo. L’objectif ERP était à l’image du projet de La Louve, très ambitieux. Nous n’avons pas réfléchi notre modèle pour le faire tourner en mode bidouille. L’idée était de monter un vrai supermarché, dans lequel les membres pourraient faire toutes leurs courses car seuls quelques militants vont se flageller sur le long terme à devoir travailler pour avoir le droit d’acheter des pâtes et du radis noir. Quatre ans plus tard nous avons réussi au-delà de nos attentes, sur Odoo comme sur le projet dans son ensemble. Le contexte est donc très différent pour les coops qui se lancent, elles bénéficient d’un outil déjà développé et d’une communauté. C’est viable sur le long terme puisque c’est l’outil de La Louve qui a les moyens d’assurer seule la maintenance et les migrations. On peut maintenant proposer l’outil aux autres coopératives pour les aider à se structurer. Au stade de Breizhicoop qui lance sa surface intermédiaire c’est à mon avis une erreur de ne pas en profiter mais chacun voit midi à sa porte.
  2. Peu de support. Il est faux de dire qu’Odoo est complexe à utiliser sur la caisse. La plupart de nos membres le maîtrisent et il y a très peu d’erreurs. Sur les achats La Louve a toujours indiqué que c’est une tâche complexe à déléguer aux membres. Vous reportez sur Odoo la responsabilités de difficultés qui sont liées à votre décision de démarrer avec peu ou pas de salariés. Nous avons toujours dit que les achats sont un vrai métier et le principal enjeu de la coop. Nous déléguons uniquement les fromages à un supermembres, tous les autres achats sont confiés à des salariés qui se font aider pour diverses tâches (pointage, assistance saisie). Sur le support à proprement parler je fais des vidéos et je partage tout ce que je peux, Bordeaux et Toulouse jouent vraiment le jeu de la mutualisation, La Louve propose des formations aux projets qui le souhaitent et je suis très disponible pour ceux qui ont besoin d’aide.
  3. Flexibilité. La gestion des membres est presque aussi critique que les ventes. C’est notre cœur de métier et ce n’est pas à sous-estimer. Il y a un tel besoin de rigueur et d’ergonomie que je ne conçois pas de déléguer son développement à des bénévoles. La Louve a toujours fait preuve d’humilité, Tom a fait un film sur la ParkSlope et les salariés y sont allés avant de démarrer le magasin. Notre outil n’est pas inspiré par la perception de bénévoles au démarrage d’un projet mais par la longue expérience de PSFC et par de multiples améliorations apportées l’ouverture. Plus de 3000 membres sont venus travailler au magasin en novembre. Sur le débat 1 outil vs. multi-outils tu oublies de mentionner les avantages du “monolithe” : un seul login, une seule ergonomie, pas de duplication de données, possibilité d’utiliser les données de la gestion des membres pour les ventes (statut en temps réel sur le POS, délai de grâce ou extensions accordés pour acheter, etc.) et surtout une seule équipe de maintenance ce qui permet de considérablement sécuriser l’exploitation.

La Louve a dès le départ bénéficié d’un budget important pour lancer son supermarché et d’un téléphone rouge avec PSFC. Depuis, plein d’autres projets ont émergé et nous essayons de les soutenir. Mais il y a bien un modèle Louve/PSFC qui est fait de pragmatisme et de professionalisme. D’autres projets veulent inventer leur propre modèle et c’est tant mieux. Nous pensons que le modèle que nous proposons est plus efficace économiquement et politiquement. Nous n’avons même pas à en débattre si cela froisse certains le débat se règlera tout seul lorsque tous les projets auront du recul sur leur exploitation.

Le forum est un lieu d’échanges et veillons à ce qu’il ne se transforme pas en terrain d’affrontement. Nos divergences ne doivent pas masquer le fait que nous partageons l’envie de se réapproprier notre consommation.

Bonne soirée,

Simon


#19

Bonsoir,

Merci beaucoup pour cette vidéo holistique Simon, vraiment très intéressante.

Coopérativement,

./Fred


#20

@Ali de Renne,

Content de voir que vous ouvrez bientôt votre magasin en 2019, votre site montre qque photo, cela à l’air prometteur. J’ai cru comprendre que vous êtes qques centaines d’adhérents et moins de 100 coopérateurs, le passage à l’échelle est un vrai challenge, c’est la que les procédures internes et le SI doivent faire leur preuves!
Gardons nous de nous envoyer des anathèmes les uns les autres, soyons plutôt dans la bienveillance et l’entraide, nous en aurons tous besoins! :wink:

Bon courage,
./Fred


#21

Bonjour à tous,

Nous, à Coopalim Strasbourg (300 adhérents, statut associatif), souhaiterions contribuer au développement d’une solution mutualisée… FoodCoops semble correspondre au besoin de notre association…

Nous n’avons pas encore les reins pour contribuer financièrement, et notre pôle informatique est surchargé par des préoccupations hors association, mais nous pourrions probablement aider en révisant et améliorant les supports de formation. L’une de nos membres est formatrice ERP, et, si elle disponible, cela pourrait nous être tous utiles, je pense…

Une réunion intercoop-est de la France est prévue prochainement, nous pourrions éventuellement être un relais pour la formation/déploiement…

Par où commencer?

Guillaume


#22

Hello Guillaume,

On peut faire un point tous les trois, vous pouvez me contacter par mail. simon.jejcic gmail.com

Bonne journée,

Simon


#23

Salut tout le monde,

Pour apporter le point de vue de la Cagette sur le choix d’Odoo.

La Cagette a ouvert son supermarché il y a un an (sept. 2018).
Nous sommes aujourd’hui 2000 coopérateur.rice.s pour un CA de +/- 200 000e/mois. Nous fonctionnons avec Odoo Foodcoop et il nous a semblé normal de payer le ticket d’entrée “coops” proposé par la Louve dès que nous en avons eu les moyens. Au total nous avons contribué à hauteur de 19020€ dans le développement d’Odoo foodcoop ce qui est une somme importante pour un projet en création peu subventionné mais qui n’est pas beaucoup par rapport au montant de dév mis par la Louve.

Odoo est actuellement indispensable pour notre activité dans le sens où il n’existe aucune alternative qui proposerait des fonctionnalités aussi proches de nos besoins, ni en solution propriétaire ni en open source. En outre le déploiement d’un ERP avec une complexité comparable à celle d’Odoo coûte inévitablement très cher, donc le choix ne se pose pas vraiment pour les coops qui atteignent un gros volume d’activité.

Cela dit, certains fonctionnements développés dans la version food coop correspondent aux usages de la Louve mais pas à ceux d’autres projets :
Du coup nous avons choisi de développer des interfaces spécial “Cagette” mieux adaptées à nos usages. Le problème qui s’est alors posé et qui est fondamental pour ce fil de discussion est que les développeurs compétents sur Odoo sont rares et donc TRÈS chers.
A la Cagette nous nous sommes donc lancés dans le développement d’interfaces utilisateurs dans des langages plus communs et dont le dev est plus accessible et moins cher que du dev sur Odoo. Ces interfaces utilisateurs vont ensuite écrire dans les bases de données Odoo via une API. Deux de nos coopérateurs développeurs professionnels chevronnés sont devenus de vrais experts de ce type de développements : ils développent des interfaces utilisateurs connectées à Odoo Foodcoop via API. Afin que nous puissions les rémunérer à minima pour leur travail, ils ont monté une asso (Coopératic) qui fait ce type de développements en open source spécialement pour les supermarchés coops.

Pour donner quelques exemples des développements faits par Coopératic pour la Cagette :

  • Interface “Echanges de services” : nous sommes beaucoup moins nombreux que la Louve et nous avons donc eu besoin d’un outil d’échange de services plus performant que l’échange “Pair à pair” proposé initialement par la Louve. C’était une question de survie pour notre coops car les échanges via le forum ne fonctionnaient pas bien ! Au lieu d’échanger leurs services de pair à pair, les utilisateur.rice.s de la Cagette échangent leurs services avec toute la communauté. Nous en sommes EXTRÊMEMENT SATISFAITS.

  • Nous avons développé une interface “Inscription” des nouveaux beaucoup plus facile que celle d’Odoo car nous avions trop d’erreur lors des saisie des bulletins de souscription. Autre objectif de ce développement : nous ne souhaitions pas limiter l’accès au tarif préférentiel de 10e aux seuls bénéficiaires des minimas sociaux. 100e d’un coup c’est beaucoup et beaucoup de personnes en situation de précarité ne sont pas bénéficiaires des minimas sociaux. Du coup nous avons modifié la règle et donc modifié l’interface d’inscription des nouveaux en conséquence.

  • Enfin, nous avons développé l’interface “Feuille de présence”, dématérialisant l’émargement. Chaque membre qui vient faire son service clique sur son nom et sa présence est enregistrée automatiquement. Nous avions d’interminables erreurs de saisie des feuilles de présences par les coops au bureau des membres, générant du travail pour eux et de multiples questions de membres qui se retrouvaient en alerte / suspendu pour rien.

Au final, nous avons souhaité dématérialisé au maximum le bureau des membres car même si le module membre est bien fait, il n’est pas adapté à une utilisation par des centaines de personnes (même avec des procédures, des tutos bien fait). Toute saisie humaine entraîne des erreurs, c’est normal ! Grâce à ces interfaces, nous contournons la complexité d’Odoo et pour améliorer l’expérience utilisateur de chacun tout en réduisant le travail peu intéressant.

Enfin, nous ne souhaitons pas utiliser Odoo pour la Compta car Odoo n’est pas une solution homologuée (il ne produit pas de fichiers FEC qui sont une obligation). Quitte à payer un logiciel de compta (qui sont déjà très performants), autant faire toute la compta dessus. Néanmoins nous exportons grâce à une moulinette informatique, les données des ventes et des souscriptions issues d’Odoo. Ironie de l’histoire, les 19020 € mis par la Cagette dans le dev d’odoo ont servi à développer ce module odoo de compta que nous n’utilisons pas… Comme nous avons profité de tout le reste des développements faits par la Louve, nous l’avons accepté de bon coeur. Cela dit, la question des modalités de définition des roadmaps avec les coopératives qui contribuent devra se poser un jour… reste à voir quand.

Le projet Open source d’Odoo Foodcoops est génial sur le papier et dans la réalité, mais il a une limite : les développeurs compétent sur Odoo sont rares et chers. Par conséquent l’adaptation du fonctionnement d’Odoo Foodcoop à des usages locaux est trop cher. La solution intermédiaire, d’utiliser Odoo comme “moteur” et de développer des interfaces extérieures reliées par API nous semble extrêmement prometteuse.

REMARQUE SUR L’OUTIL DE L’ELEFAN :
Pendant toute la phase de lancement associatif de notre projet, nous aurions bien aimé avoir accès à un outil de gestion du planning de participation tel que celui développé par l’Elefan. Bravo à eux pour leur boulot de dev. A l’époque, cette outil n’existait pas, nous avons bidouillé des plannings sur google sheet, ce qui était une source de travail non-négligeable et a certainement freiné l’investissement des membres.
Nous conseillons à toutes les assos de l’utiliser et de les aider à le développer.

Pour conclure, la solution informatique est un choix crucial. C’est très positif que les projets qui en ressentent le besoin travaillent sur des solutions alternatives. Nous verrons bien les solutions qui s’imposeront à terme. L’important étant de documenter les différentes solutions pour que les nouveaux projets puissent se positionner en fonction de leurs besoin, de leurs ressources en informatique afin de leur permettre de faire le bon choix !


#24

Merci Antonin mais deux précisions :

  1. La Cagette a contribué à un peu plus de 10 k à FoodCoops essentiellement sur la générisation de fonctionnalités qui existaient déjà mais devaient être rendues configurables, déplacées dans le code, etc pour pouvoir être utilisées par tous. Le reste c’était de la reprise de données et de l’assistance que je ne recommande plus aujourd’hui car ça peut être fait entre bénévoles
  2. Le FEC existe sur Odoo et nous l’utilisons notre seul souci ce sont les volumes d’écritures (je sais plus combien de millions en 2017) à charger pour l’expert comptable. Nous faisons toute notre compta sur Odoo et Adeline du cabinet d’expertise comptable de La Cagette qui s’occupe aussi de La Louve kiffe Odoo :wink: La seule réticence qui reste aujourd’hui c’est sur l’approche pas de reports à nouveaux qui n’est pas très orthodoxe mais qu’Odoo n’est pas le seul logiciel de compta a avoir adoptée.

Sinon pour la presta Odoo effectivement c’est compliqué en France (c’est pour ça que La Louve est au Vietnam) et l’approche applications connectées par API à Odoo est bonne dans la mesure où la base de données reste Odoo (pas de duplication de données). Nous l’avons par exemple adoptée pour la badgeuse.

Pour les feuilles de présence, nous sommes un peu “old school”, La Louve voulait conserver une trace papier… Nous avons 25 membres ++ qui aident au BDM et nous déléguons une partie des tâches – à des membres sur leurs créneaux sans difficultés particulières.

Pour l’échange de services je suis curieux d’avoir la solution car nous nous sommes posés avec Tom, Superquinquin et le web chez nous et ce qui nous gênait c’est le membre qui échange son service et remplace qqn mais personne ne le remplace. Nous sommes donc restés sur qqch de basique avec un échange 1-1

A bientôt,

Simon


#25

Bonjour à toutes et tous
Je découvre tout et surtout l’existence de ce forum.
Ici c’est supercoop à Bordeaux.
On fonctionne en v8 et on ne sert pas de tous les modules.
Je suis à fond pour mutualiser nos développements et investissements. Jamais entendu parler de FoodCoops.
Je ne vois pas bien les différences entre la Louve et autres coops comme évoqué par Antonin.
Echanges à suivre donc.
De très belles fêtes à toutes et tous
Thierry


#26

Bonjour Thierry,

Est ce que tu connais Fred de supercoop ?
Il me semble qu’il est très au courant de tout ce dont nous parlons.

A +