Ouvrir une coopérette sans salarié


#1

Nous sommes, je crois nombreux au Panier du 12 à vouloir nous organiser pour ouvrir, début 2018, une surface intermédiaire, 170 m2, sans avoir de salarié.
Notre idée est de garder les groupes de travail thématiques dont les membres sont porteurs de la compétence du thème (finances, organisation, appro, informatique…). Nous pensons écrire des modes opératoires pour des tâches bien précises, bien délimitées et ensuite proposer aux coopérateurs/trices volontaires de prendre en charge ces tâches pour des durées correspondant à 3,4,5 ? heures pleines de travail.
Au cours du forum à la Belleviloise, j’ai le souvenir d’avoir échangé avec des porteurs de 2 autres projets ayant le même objectif, un à Nice, l’autre je l’ai oublié (mes excuses !).
J’aimerais beaucoup échanger avec celles ceux qui ont une approche de même nature… Robert, le Panier du 12 (à Paris)


#2

Bonjour,
Pour nous, Breizhicoop à Rennes, c’est une question que nous sommes en train de nous poser, car nous envisageons une ouverture en septembre 2018. La question des salariés est assez difficile à répondre, sachant qu’il est difficile de tout prévoir. Surtout, la présence d’un salarié semble être un critère important pour la mairie qui nous soutient (on dirait que ça les rassurent, qu’ils ne croient pas trop au modèle du bénévolat).
Donc je serais intéressé d’échanger la dessus.
Cordialement,
Ali


#3

bonjour Ali, nous pouvons échanger par tél, le mien est le 0608652812


#4

(et si vous mettez un mot sur les orientations de vos échanges, on serait tous intéressés).

La question est assez large. Elle ne se pose peut être pas dans les mêmes termes, selon que l’on considère :

  • LAB ou supermarché
  • avant crowdfunding, entre crowdfunding et financement "bancaire, après financement “bancaire”

Des coops ont fait des choix différents :

  • salarier avant l’ouverture ou après. Avant ça permet d’avoir des ressources pour l’ouverture qui représente une charge de travail considérable
  • salarier en mode LAB ou pas. Plus on salarie tard plus le projet peut mettre de temps à aboutir mais n’appelle pas à une fuite en avant pour couvrir les charges salariales.

Il faut aussi voir si les salariés sont rémunérés sur la base des résultats opérationnels ou sont financés par des dons de fondations (ou autres) pour le développement du projet.

D’une point de vue opérationnel, je pense qu’avoir des salariés permet de booster un projet et de démarrer plus vite. Ne pas avoir de salarié c’est aussi ce contraindre à tout penser en amont et à ce que les groupes se responsabilisent pour porter les tâches.

Enfin, salarier une personne c’est se poser beaucoup de questions : est-ce un bénévole qui est salarié ? le salarié fait-il de l’opérationnel ou du développement ? quelle articulation entre le bénévolat et le salariat ?


#5

Mon cher Olivier je crois qu’en deux paragraphes tu as fait le tour de la question ! J’en ai parlé au téléphone avec Michel du panier du 12e l’autre jour, je le rejoins pour penser qu’il est extrêmement difficile de développer un projet qui a trouvé un local sans salarier qqn pour y assurer une permanence (ne serait-ce que pour faire circuler les infos entre les groupes). Je ne connais pas d’exemple de supermarché coopératif existant qui ne l’ait pas fait très tôt. Signalons tout de même l’existence de DionyCoop, dont certain.e.s ont dû recevoir le bouquin/prospectus/article de foi, qui est un genre de regroupement d’amaps situé à Saint-Denis et fonctionnant sans marge ni salarié (ils demandent des avances sur achat à leurs membres), je n’ai pas été voir, si qqn y met les pieds je veux bien des infos.

Après oui, pour la personne salariée, surtout si c’est un.e porteur.euse du projet depuis le début, il y a un aggiornamiento à faire entre le “je suis un militant qui travaille sans compter pour l’avenir et faire réussir ma coop” et le “merde j’ai des horaires de travail et une vie privée après tout” ! N’est-ce pas Tom Brian et Jeanne…


#6

Alors en fait, nous à La Chouette Coop, on a pas de salariés.
On a bien sur quelques personnes supermotivées qui sont de gros moteurs du projet - comme partout - mais on a été amené à développer les groupes.
Pour l’instant on est en lab et ça tourne pas mal comme ça :

  • des groupes autonomes sur les achats, la compta, …
  • des “responsables d’équipes” (grand hiboux)
  • des caissiers qui sont formés et supportés par un “super caissier”

ca ne fonctionnerait probablement pas sans l’énorme implication de quelques personnes sur la partie achats.

Et puis, les coops qui ont des salariés semblent se développer plus vite (d’un autre côté, plus de charges => il faut avancer).


#7

Hé oui c’est bien la dialectique de la chose ! Il n’y a pas de bonne solution, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de mauvaise solution non plus… ce qui est surtout à craindre c’est l’essoufflement de la motivation du “hardcore”, le noyau dur des bénévoles qui fait avancer le projet et tient les engagements, mettre un.e ou plusieurs salarié.e.s sert aussi à les soulager un peu. Pour moi les bonnes conditions permettant l’engagement de chacun.e sont en effet beaucoup plus importantes que les données financières, et le politique doit primer sur l’économique ! Bon pardon je m’échauffe pour l’intercoop là…


#8

C’est quoi, le mode LAB ?


#9

Épicerie-test si tu préfères ! Au fait rien à voir mais à propos d’onomastique on vient de changer le nom de nos “groupes de travail” en… “comités”, afin de faire plaisir à l’URSSAFF. Comment vouzapléssa chez vous, “rayons” ?