Utilisation d'Odoo


#1

Bonjour,
Pourrais-je avoir vos avis sur Odoo? Est-ce un logiciel adapté pour une épicerie collaborative ? Quels sont ses avantages ou inconvénients ? Son coût ?

Merci d’avance de vos réponses :slight_smile: .
Bonne journée,
Bénédicte.


#2

Bonjour Bénédicte.

Pense à modifier ton nom d’utilisateur pour correspondre aux règles de fonctionnements accessibles dans le cadre bleu au dessus

A ma connaissance les principaux projets qui utilisent Odoo sont Paris, Montpellier, Toulouse et Bordeaux.
Demande donc à @Antonin-Molino-Caget @pierre_lcc @thierry-supercoopBdx, par exemple.


#3

Salutti, oui on utilise Odoo à Montpel, et il est… pas mal. C’est un ERP open source généraliste qui est (en lui-même) totalement gratuit, mais il faut bien sûr penser aux coûts liés à l’installation, à l’hébergement et à la maintenance. Il a pour particularité d’évoluer à chaque version et d’être activement développé dans le sens des supercoops par la Louve, qui propose une version à elle sous le nom d’awesome food coops (je laisse @simon.jejcic te donner toutes les précisions nécessaires !) Certaines coops, dont Toulouse et nous Montpel, font en plus des développements par-dessus cet Odoo “Louve” pour avoir des fonctionnalités qui correspondent plus précisément à leurs besoins. Bon ça c’est la version simplifiée parce que toutes ces histoires de dev informatique sont assez enchevêtrées, que des plus sachant.e.s que moi n’hésitent donc pas à compléter ces menus propos.

Je donne ci-dessous une liste complètement subjective (c’est mon appréciation strictement personnelle de responsable appro, et qui n’engage que ma personne, nesspas) des plus et des moins de l’Odoo que nous utilisons à Montpel, qui est, si je ne me trompe pas, la version 9-Louve-améliorée-par-nos-soins (on y a notamment ajouté un espace perso web avec échange de créneaux, un module inscriptions-bdm et un module réception).

Les plus :

  • Ça ne coûte pas un radis (sauf install hébergement développement bien sûr)
  • Ça permet de monter facilement un site web, une boutique pour d’éventuelles précommandes, une base articles, une interface caisse (mais avec achat de matos à prévoir), d’apprendre à gérer un stock et des cdes, et éventuellement une compta (mais avec gros paramétrage à prévoir)
  • Le module d’aide à la commande est plutôt bien foutu et permet de gagner beaucoup de temps à partir d’un certain volume (calcul du nombre de jours de couverture)

Les moins :

  • C’est un gros machin. Il y a de très nombreux modules dont la grande majorité est peu susceptible de servir à une jeune coop, la base de données est vraiment grosse, et les temps de traitement parfois assez longs, y compris au niveau de la manipulation de l’interface (beaucoup beaucoup de clics à faire)
  • On sent l’aspect open source (développement par plusieurs équipes) au manque de cohérence général, car selon les modules la logique de travail ne sera pas du tout la même, et pour peu qu’on aille faire des choses qu’on n’a pas l’habitude de faire on se retrouve à devoir réinventer la roue. Par ailleurs, des modules comme la gestion des membres portent la marque de la culture d’entreprise et des process de la Louve, et doivent donc être redéveloppés si on pratique une culture différente.
  • Point noir principal pour moi : malgré les efforts conséquents de développement faits par la Louve et d’autres, le côté “métier” de la distribution n’y est pas assez développé. Je me permets d’affirmer ceci parce que j’ai bossé comme consultant pour la grande distrib il y a une quinzaine d’années, et les progiciels qu’ils utilisaient à l’époque étaient beaucoup plus avancés que l’Odoo d’aujourd’hui en termes de fonctionnalités, par exemple ils avaient un suivi des ventes bien plus souple et lisible (au minimum avec l’édition de hit-parades par univers, rayon ou famille), ou proposaient une aide à la cde plus versatile et efficace (stats article à la journée, définition de stock mini, coef de saisonnalité), ou permettaient (exemple con mais rageant) à un même article d’avoir plusieurs gencods, ou facilitaient au maximum la saisie et la valorisation des pertes, ou avaient des outils perfectionnés de simulation tarifaire et calcul de marge, etc etc !

En conclusion je dirais donc que c’est bien pour commencer si on n’a pas beaucoup de ressources mais que ça peut devenir lourdingue au bout d’un moment. Bientôt quatre ans après, si je devais recommencer à zéro un projet de supermarché coopératif, je n’hésiterais donc pas à envisager d’autres solutions, comme par exemple un développement ad hoc à partir d’un logiciel de back office robuste et éprouvé !


#4

Salut,
Ce débat a déjà été fait de long en large à plusieurs reprise, je t’invite à consulter le wiki :
https://wiki.supermarches-cooperatifs.fr/doku.php?id=thematiques:informatique


#5

On bosse actuellement sur des offres pour permettre aux nouvelles coops de démarrer.
Un des intérêts d’avoir un ERP c’est de coupler les flux financier et de marchandise. Pour le dire autrement : quand un produit est vendu, ça génère une écriture sur le stock et une écriture comptable. Pas de double saisie, moins d’erreurs, moins de travail en compta.

Julien : on peut aussi faire pas mal de choses avec les stats natives et les extractions sur la base (nous utilisons metabase).
C’est super que tu ais un retour par rapport aux logiciels de la grande distri. A mon sens, leur contexte est plus simple car ils travaillent essentiellement avec un centrale d’achat (vs nos dizaines de fournisseurs), avec des agents professionnels et pas bénévoles (beaucoup moins de personnes à former qui chacune est plus dédiée).


#6

Héhé Olivier il faut absolument qu’on se fasse ce petit WE dev info avec Élie et toi ! Tu as tutafé raison de préciser l’intérêt principal d’un ERP ma foi. Metabase ça a l’air plein de ressources oui mais je connais très mal… j’ai fort peu de temps pour me former ces dernières années je vais achever de me scléroser intellectuellement si ça continue. Bon et comme dit mon expérience des progiciels grande distri remonte à bien longtemps, je serais curieux de savoir où ils en sont ! Dès qu’on aura ouvert notre deuxième mag je vais faire un stage à Carrefour ah ah…