Héhé, c’est précisément la phrase qu’on entend souvent, et qu’à mon sens il faut questionner voire déconstruire, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur le projet !
Dans mon expérience, plus tu es exclusif, moins tu recrutes de monde. C’est parfaitement légitime pour un petit GA ou une épicerie type monepi d’anticiper les besoins (réels ou supposés) de ses membres en sélectionnant rigoureusement son assortiment, mais si on parle de supermarché coopératif, c’est tout de suite beaucoup plus compliqué…
Bien sûr qu’on intègre les préoccupations de chacun.e, en proposant une large gamme avec beaucoup de produits spécifiques ou engagés, mais pour moi il faut considérer avec le même respect les habitudes alimentaires de tout le monde, même si celles-ci comprennent (horreur !) des légumes hors saison, ou (malheur !) des additifs… donc on met déjà tout ce que les coops consomment, ce qui est d’ailleurs parfois très différent de ce qu’ils demandent ![]()
Une fois qu’on sera rassemblé.es à plusieurs milliers, on pourra non seulement avoir un espace de débat à l’intérieur de notre coopérative sur les produits et le système alimentaire (éduc’ pop’, ateliers, Agoras, AG etc), mais aussi faire masse et peser réellement sur ce qui se passe autour de nous, cf. ce qu’arrivent à faire les 4 ou 5 grosses coops françaises en termes d’action locale.
C’est encore une fois Tom Boothe qui a trouvé la bonne formule, que j’ai probablement déjà citée ailleurs : une supercoop c’est comme un autobus, on est assis.es ensemble et on va dans la même direction, mais on ne monte et descend pas forcément aux mêmes arrêts ! Bon j’extrapole peut-être un peu mais on voit bien l’idée.
L’affiche que tu nous partages est vraiment super d’un point de vue transparence et santé publique, mais je la trouve contre-performante au niveau inclusivité. Si j’ai en effet l’habitude de boire du coca breton, que j’arrive à TiCoop et que je vois un double point d’interrogation sur le nom d’un produit que j’aime et apprécie, ça peut vouloir dire, explicitement ou pas, que le projet pratique un entre-soi alimentaire et rejette a priori mes habitudes comme étant incorrectes ou invalides… du coup je n’ai pas envie de m’y investir, et le recrutement est freiné, et les plus investi.es se fatiguent, et c’est un peu la spirale du magasin qui n’avance plus dans laquelle j’ai l’impression que pas mal de projets sont pris en ce moment, mais bon, faut pas non plus trop généraliser.
Tout ça est largement documenté, en même temps qu’un tas d’autres sujets extrêmement intéressants pour nous, dans la thèse de Clotilde ![]()
Bref, courage à vous tous.tes dans la quête d’une meilleure alimentation et d’un impact maximal sur votre territoire, comme qui dirait ! L’avenir nous donnera raison et résoudra toutes les contradictions antagonistes ![]()