Comment choisir une plateforme d'approvisionnement?

Bonjour,
Je suis Clara, stagiaire pour le futur magasin coopératif de Lons le Saunier dans le Jura. J’ai pris le train en marche dans une association (Les Amis du Magasin coopératif de Lons qui travaille depuis plus d’un an à ce projet. Leur choix, pour diverses raisons, est d’ouvrir tout de suite le magasin dans sa grandeur réelle: pas de groupement d’achat ni de formule test pour démarrer. La commission approvisionnement me demande un coup de main pour trouver des plateformes d’approvisionnement pour tous les produits qu’ils ne trouverons pas en local. Lorsque je fais une recherche sur internet, je ne tombe que sur des plateformes dédiées à la restauration collective et scolaire. Quelque chose doit m’échapper! Qui pourrait m’indiquer les noms des plateformes que l’on pourrait solliciter? Vous faites comment vous? D’avance un grand merci; désolée si la réponse figurait quelques part sur le forum, je n ai en tout cas pas trouvé.

Salut Clara, dans la distribution, en fait de « plates-formes d’approvisionnement » on parlera plutôt de fournisseurs ! Les supermarchés classiques fonctionnent certes avec une centrale d’achat fournie par leur enseigne, qui est leur fournisseur pour 90 ou 95% des produits ; et les autres fournisseurs y sont appelés « fournisseurs directs » (puisqu’on leur achète leurs produits en direct, sans passer par une centrale d’achat).

Mais notre problème (et notre force aussi), à nous autres les supermarchés coopératifs, c’est qu’on n’a pas de centrale d’achat à notre disposition : à chaque projet sa culture, son assortiment et ses pratiques, on peut très bien rationaliser son appro au maximum et ne fonctionner qu’avec une poignée de grossistes, ou ne souhaiter référencer que des fournisseurs « éthiques » et des producteurs locaux, etc. Donc il n’y a pas de règle absolue, et heureusement d’ailleurs !

Pour te donner un exemple il me semble que la Louve fonctionne avec 40 fournisseurs environ ; nous à Montpellier on est en train de dépasser allègrement les 100, alors qu’on ne fait même pas la moitié du chiffre de nos camarades et prédécesseurs parisiens. C’est vraiment une affaire de choix de politique d’approvisionnement.

Je te donne toujours quelques noms de grossistes « nationaux » avec qui on travaille à la Cagette et dont on est contents : Agidra, Agro Sourcing, Biocash, Bryio, Codifrance, Ethiquable, Léa Nature, Scop Epice, Senfas, Serfac.

Après c’est mon avis personnel, mais l’idée d’ouvrir directement un supermarché de 400 m2 ou plus ne me paraît pas bonne, car à moins d’être soi-même ou de recruter à grands frais un.e spécialiste de la distribution il est difficile de ne pas se planter sur bien des aspects… l’épicerie-test permet à chaque personne engagée dans le projet de se faire la main en se frottant à la réalité du métier en même temps que de cimenter le groupe de motivé.e.s porteurs.euses du projet, pour moi c’est donc une étape indispensable. Mais d’autres auront peut-être un autre avis ! Bon courage à Lons et à la prochaine, Julien@la Cagette

Merci Julien!
Nous aurons peut etre l’occasion d’en parler de vive voix puisque nous sommes 4 de Lons, à descendre vous voir à Montpellier vendredi 22 mars…
Ta réponse arrive justement au moment où je me dis qu’il faudrait que j’ose requestionner ce choix, fait avant mon arrivée, de squizzer la phase test; Je sais que la vision qui a porté ce choix est que nous disposerons à priori des fonds nécessaires pour démarrer le magasin dans sa taille réelle ( subventions) et que le choix stratégique est d’ouvrir un magasin dans lequel on peut " tout trouver pour le quotidien" sans faire plusieurs magasins, pour fidéliser les gens dès le début. J’aimerais demander aux magasins déja ouvert, ce que la phase test leur a appris d’essentiel, et les différents risques qu’ils voient dans notre démarche. Je trouverais intéressant dans ma posture de stagiaire « chargée de projet » qui arrive en cours de route, de récolter les expériences des magasins et de récolter pour les différents aspect des projets ( appro, gouvernance, planning des services, animation, relations fournisseurs, etc…) les fruits des expériences de phases test. Me recommandes tu de le faire via le forum intercoop ou de creer un questionnaire google form que j’enverrais par mail aux magasin? d’avance un grand merci

Tu sais chacun fait un peu sa petite cuisine, sauf celles et ceux qui se regroupent sous le parapluie tutélaire de la Louve et d’Awesome Food Coops ! Il y a cependant Maxime de Lyon qui essaie de recenser un peu les initiatives, je t’ai envoyé son mail en MP. Bonne chance !

1 J'aime

bonjour,

Nous avons identifié 2 plateformes autour de Poitiers avec lesquelles nous allons travailler.
Au départ elles sont destinées aux collectivités territoriales pour faciliter les appels d’offres pour un approvisionnement local, et maintenant c’est ouvert aux entreprises disposant d’un numéro de siret … et le Baudet va bientôt avoir un numéro de siret (AG constitutive ce soir ;-))))


bonne journée
johan

1 J'aime

Clara, il y a énormément à apprendre mais ça dépend tellement de vos conditions de départ : des salariés ? des groupes structurés et solides ? un mode de gouvernance éprouvé et partagé ?

Beaucoup à apprendre sur énormément de sujets : informatique, gestion (pour les groupes support), caisses, approvisionnement, réception des marchandises, inventaire, etc…

Nous travaillons sur un lab de 100 m2 depuis plus de 2 ans avec la même solution informatique depuis plus de 3 ans. On commence à avoir traité toutes les questions à cette échelle ce qui sécurise le passe dans les semaines à venir à un 400-500 m2 puis au double d’ici 2-3 ans. On peut aller plus vite mais au risque du burn out généralisé. Plus la marche est haute plus vous aller vous cramer.

Il reste que si vous avez l’opportunité, disposer d’un grand local qui ne serait utilisé qu’à 1/4 pendant un an, 1/2 la seconde année et plsu après… ça serait très confortable.

Difficile de te répondre sans bien prendre la mesure de ce vous disposez à ce stade.

Bon déploiement…

Bonjour à tous,
est-ce que certains d’entre vous ont contacté C’est qui le Patron ?
une démarche intéressante qui peut permettre de proposer des petits prix, pas parfaits mais plus « éthiques » que des grossistes nationaux.
N’hésitez pas à me répondre en MP si c’est plus confortable!
Merci
Yaëlle du (futur) Troglo tourangeau

Salut, oui mais ils bossent au semi-remorque hélas, je te copie le message envoyé sur notre forum intracagette :


Salut, alors vous aurez sûrement remarqué qu’on a depuis peu du beurre et du lait « c’est qui le patron », ce ne sont pas de mauvais produits et ils marchent plutôt bien, même si en termes de soutien aux producteurs, je n’ai pas besoin de vous le rappeler, il est infiniment préférable d’acheter en direct par une AMAP ou des marchés paysans, ou à défaut via la Cagette, nesspas.

Le problème principal de ces produits, et sur lequel pas mal de monde a justement râlé, c’est leur prix. Il y a en effet un « PVC » (Prix de Vente Consommateur) conseillé que la Cagette ne peut pas atteindre avec sa marge fixe de 23%… j’ai essayé de négocier au maximum les prix d’achat et ils sont apparemment fixés par CQLP/Maison mère, donc notre grossiste pour ces produits n’a pas le droit (dit-il) de nous les vendre moins cher. J’ai également tenté de joindre directement CQLP et voici la réponse mielleuse que l’on m’a faite, je vous laisse me dire ce que vous en pensez. Doit-on en tous cas ajouter d’autres produits CQLP dans nos rayons, sachant qu’en l’état on n’aura jamais le PVC conseillé ?

Elisa Shriqui (La Société des Consommateurs)

25 mars 14:03 CET
Bonjour,

Merci beaucoup pour votre message et l’intérêt que vous portez à la démarche. C’est très précieux pour nous !

Malheureusement, pour l’instant, nous ne sommes pas en mesure de faire du direct ou de distribuer nos produits en dehors de la grande distribution. Nous étudions cette possibilité avec attention et nous permettons de conserver très précieusement vos coordonnées, afin de pouvoir vous recontacter lorsque de nouveaux canaux de distribution seront possibles pour nos produits.

Encore merci pour votre soutien et votre engagement.

Très belle journée,
Élisa SHRIQUI
La Société des Consommateurs

20 mars 13:45 CET

De : Julien Guillaume julien@lacagette-coop.fr
Sujet : Contact Commercial.e
Professionnel
Bonjour, je souhaiterais être mis en relation avec un.e commercial.e de votre entreprise svp.

1 J'aime

Merci pour les quelques noms de grossistes, compatibles, je l’espère, avec nos principes. Cela pourra nous aider vu qu’on va bientôt ouvrir une boutique après quelques années en groupement d’achat.

Sur ce point, une idée. Pourquoi ne pas se regrouper pour les achats ?

Tout en respectant un cahier des charges et par région pour garder l’aspect local : payer le juste prix, s’assurer des bonnes pratiques des producteurs, les accompagner, les aider, leur assurer des débouchés, les aider à se convertir en bio, ou en permaculture, etc.

Il faut évidemment éviter les dérives des centrales d’achats et de certains grossistes, c’est notre raison d’être. Mais cela n’empêcherait pas d’avoir une sorte de coopérative d’achat responsable, en circuit court (avec certes 2 intermédiaires : grossiste et magasin), qui nous permetrait de garder le contact avec les producteurs tout en laissant le boulot de grossiste à un grossiste. Car c’est un vrai travail, et certains le font de manière responsable ! Surtout si on peut le faire sous la forme d’un groupement de coopérative, ou quelque chose comme ça.

De toutes façons, on ne peut pas tenir une épicerie sans passer par un intermédiaire.

Et puis l’achat direct auprès d’un producteur, c’est bien, mais a-t-on les moyens de vraiment connaître les producteurs ? D’aller dans leurs locaux pour voir comment ils travaillent vraiment ? Qui nous dit qu’ils n’emploient pas des personnes sous-payées au black ? Qui nous dit qu’ils ont des pratiques responsables ? Ce n’est pas parce qu’on a un bon contact de temps en temps avec eux qu’on sait tout de leur pratique, il ne faut pas être naïf. Petit n’est pas toujours synonyme de vertueux, désolé. Et puis en tant que petite boutique, on ne peut pas leur garantir un débouché stable ni un accompagnement. Ce qu’on veut, c’est un commerce éthique ? Je ne suis pas sûr que des bénévoles gérant une centaine de producteurs et une épicerie peuvent s’occuper de tout cela, que ce soit local ou non.

Par contre, une structure regroupant plusieurs épiceries coopératives pourrait le faire.

Ce serait bien de creuser de ce coté. Mais peut-être que cela existe déjà ?

Olivier_Valcoop

Héhé salut Olivier c’est une belle idée qui ressort à chaque intercoop… de fait, certains fournisseurs comme Ethiquable regroupent déjà les achats de toutes les supercoops françaises dans un même compte, ce qui permet aux nouveaux.elles d’arriver chez eux en bénéficiant de belles remises (bon, c’est pas celles de Leclerc mais c’est déjà pas mal).

Après, monter un « grossiste coopératif », pour moi c’est un travail extrêmement conséquent ! Bien acheter dans ta supercoop prend déjà beaucoup de temps (et comme tu le dis très bien, cela suppose notamment d’établir de forts liens de proximité avec tes fournisseurs) ; acheter éthiquement et efficacement pour plusieurs magasins, pas forcément alignés dans leur culture et leur assortiment, c’est quasiment une gageure, sans parler des fonds nécessaires pour la logistique, le stockage etc !

En petit grossiste sympa et souvent apprécié des coops, on peut citer Scop Epice, situé à Marseille, Yannis et ses quelques acolytes se sont lancés il y a une dizaine d’années et font tout ce qu’ils peuvent pour rester en vie face aux mastodontes du secteur…

Sinon un beau projet à moyen ou long terme pour une coop qui se pérenniserait et/ou ouvrirait d’autres pdv locaux, ce serait une plate-forme d’emport producteur, i.e. un espace loué dans un marché gare ou quoi avec un.e salarié.e à mi-temps, qui ferait des tournées chez les producteurs régionaux pour y récupérer les marchandises non conditionnées (un palox de 300kg de courgettes au bord du champ par exemple), puis les agréerait et les reconditionnerait pour distribution dans les magasins du réseau (en cagettes de 10kg par exemple). Je nous voyais bien faire ça à Montpel d’ici 5 ans avec les autres coops ouvertes ou en gestation dans le département ! Mais ça demande beaucoup de temps, d’énergie, et pas mal de fonds aussi… donc pour moi l’objectif c’est déjà d’assurer l’indépendance et la pérennité de ta coop en la stabilisant économiquement, être excédentaire n’est pas un objectif en soi mais ça aide à voir l’avenir avec sérénité nesspas ! Allez bon dimanche et à bientôt pour l’intercoop (où on pourra causer de ça et de tout le reste si tu as envie !)