Deux-trois causes de recul du bio d'après Mediapart

Wello, Mediapart nous propose deux ou trois pistes d’explication pour le recul contemporain du bio (j’espère qu’Edwy et consorts ne m’en voudront pas d’uploader ça ici), matière à réflexion et/ou communication ?

Marché du bio les causes d’un recul qui met de nombreux producteu… Mediapart.pdf (1,9 Mo)

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Salut @julien_graoucoop ,
Quelle bonne idée de lancer ce sujet !
Des tas d’articles sont sortis sur ce sujet ces derniers mois et apportent matière à réflexion jusque dans nos propres projets. La ‹ faute › aux autres labels, aux prix, à l’inflation … lit-on souvent. Je regrette néanmoins y trouver rarement la propre autocritique des acteurs du bio si ce n’est pour dire peut être: « on a pas assez communiqué sur le bio ».
On les trouve souvent ailleurs. A cet égard, cet article de Biolinéaires est intéressant je trouve: Regards d’Experts : Baisse du pouvoir d’achat, quelle réponse pour la bio? - Bio Linéaires | le magazine professionnel des points de ventes bio, biodynamiques et diététiques (biolineaires.com)
Extraits : ''La baisse de la demande de “Bio” est due non pas à un prix défavorable mais à un rapport qualité / prix défavorable" et “La Bio” n’a pas anticipé la concurrence multidimensionnelle – circuits et signes de qualité – et se retrouve devant le fait accompli ".

Histoire d’alimenter encore un peu nos réflexions et discussions, voici deux présentations, faites durant le salon Natexpo 2022, de Saveur Fernandez, consultant qui suit bcp les tendances du marché bio et ses prospectives :
(63) Le magasin bio se réinvente : 100 exemples inspirants tous circuits France et international - YouTube
(63) Vente et service en ligne : point 2022 et tendances fortes - YouTube.

Autre lecture du magazine LSA : Huit pistes de relance (lsa-conso.fr). L’article en entier : Huit pistes de relance du BIO - LSA Green - Mai 2022 - Google Docs
'Début avril, LSA organisait, à Paris, sa 6e journée annuelle consacrée au bio, sur le thème des clés de la relance. À cette occasion, étaient conviés de grands patrons d’enseignes spécialisées, comme Naturalia et Biocoop; des responsables de la distribution généraliste, d’E. Leclerc à Monoprix en passant par Casino et Auchan; et des industriels comme Bel, D’Aucy ou Funky Veggie *
*Après avoir constaté que le marché du bio traversait une mauvaise passe et cherché à comprendre les raisons de ce recul historique pour un segment ayant toujours été en croissance, le débat s’est porté sur les pistes de relance afin d’éviter de s’enfoncer dans une crise structurelle et durable. Parmi celles-ci, LSA a choisi de mettre l’accent sur les huit plus prometteuses, à savoir :

  • capitaliser sur les catégories encore dynamiques dont l’offre reste à étoffer ;
  • améliorer et rationaliser l’assortiment existant en fonction des familles ;
  • redorer l’image du bio dans l’esprit des consommateurs ;
  • susciter l’envie avec des produits gourmands et synonymes de plaisir ;
  • réfléchir à une implantation optimale en magasins ;
  • miser sur le local ;
  • accélérer sur le vrac et la consigne ;
  • et enfin, s’appuyer sur l’e-commerce.
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J’hésite à en faire un sujet à part mais voici un article des échos qui vient de sortir cette semaine. Même si Naturalia est assez vague sur le sujet, cet article annonce j’ai l’impression ni plus ni moins qu’un petit séisme dans le monde des grands spécialistes du bio puisque Naturalia prépare un virage stratégique en sortant du ‹ tout › bio. Pour aller vers une offre ‹ plus large › type ‹ natural food ›/‹ healthy ›/‹ plus plaisir ›, en restant a priori majoritairement bio tout de même.
Une bonne charcuterie non bio sans sel nitrité pourrait alors y côtoyer une tomate bio …
Serait-ce une inspiration du marché américain où cette offre est très présente et populaire comme par ex. chez Whole Foods Market ? En tout cas, ce que le DG de Naturalia décrit y ressemble fort …
L’arrivée de ces acteurs aux Etats Unis a donné bien du fil à retordre à de nombreuses food coop qui étaient déjà bien implantées sur ce marché du ‹ natural food › avant et ‹ pionnières ›. Certaines n’ont pas survécu à cette concurrence croissante. Bien heureusement, d’autres ont su s’adapter et de nouvelles se créer !
Plus près de chez nous, ça pourrait faire penser à une sorte d’hydride des EAP, enseignes alternatives de proximité (dont nous faisons partis, épiceries bio/vrac/local/gourmandes de quartier type enseigne Miyam sur Paris, magasins de producteurs …) et des magasins spécialisés bio ‹ classiques › … Histoire de rajeunir le public ?
Curieuse de voir ce que ça va donner concrètement. L’accueil de cette nouvelle chez les autres grands spécialistes du bio risque d’être frais … Affaire à suivre ! Naturalia et Biocoop, deux stratégies divergentes pour sortir de la crise du bio- Les ECHOS- Octobre 2022

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Merci Nadia pour cet article scandaleux, euh pardon, inspirant ! Ils me font bien marrer les Naturalia et Biocoop à pleurnicher sur les prix, n’en sont-ils pas les premiers responsables avec leurs marges très confortables, adossées au rançonnage des producteurs.trices par les coopératives agricoles et les industriels de l’alimentaire ? J’ai fait la réunion pour ouvrir une Biocoop justement, et la première chose dont on te parle, c’est de 5% de RSI… bref, c’est bien de savoir ce qu’ils trafiquent, ils n’ont plus qu’à demander à leurs adhérent.e.s de participer 3h par mois et ils y seront presque !

Ça veut dire quoi 5% de RSI ?

Retour Sur Investissement, ROI en Anglais !

Et quelle bonne idée de nous faire cette revue de presse ! J’aime bien quand des gens prennent la peine de penser et documenter en détail ce que je sens très confusément… par exemple ce double constat de Bernard Ollié dans Biolinéaires, dont on pourrait reprendre chaque mot :

"Les prix.
Le réseau Bio manque d’une segmentation des prix optimisée : 1er prix, MDD, cœur de gamme, niches.
En 2020, la MDD Bio c’est 36 % de la Bio en GMS et … 1,5 % en réseau Bio.
Une réponse urgente est la mise en place rapide de gammes d’accès en réseau Bio à des prix compétitifs vs GMS.

La “qualité” (l’offre)
Le réseau Bio a pêché par inaction.
Son projet historique est celui d’une alternative au libéralisme sans âme ni destinée. Il a laissé la GMS se déguiser de cet idéal à très forte valeur perçue – comme avec la souffrance sociale ou animale. C’était pourtant le rôle du réseau Bio qu’il n’a pas tenu. La part de marché du lait “social” est 3 x plus élevée en GMS qu’en réseau Bio."

(bon ça c’est un clin d’œil à « c’est qui le patron » mais c’est une boîte qui a été créée exprès pour bosser avec la grande distri traditionnelle hein).
Le rôle politique du bio on est à fond dedans avec tout ce qu’on fait pour intégrer nos producteurs à notre gouvernance et nos choix stratégiques. La MDD bio ça m’inspire beaucoup, plutôt que de faire des pieds et des mains pour rentrer chez Système U on pourrait ambiancer Léa Nature ou autres fabricants notoires pour qu’ils nous fassent une gamme de 20 ou 30 refs de bio-supercoop-ppx ! On en cause à la prochaine réunion des acheteurs.euses :wink:

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Salut Julien !

Ahhh mais du contenu de ce type pour agiter les méninges, j’en ai pas mal en magasin. Et je ne dois pas être la seule ici : presse écrite France, étranger, généraliste, pro, blog, vidéos, webinaires, de journalistes, chercheurs, sociologues, historiens, consultants, membres de food coop etc. Historiques, analyses, retours d’expérience de food coop (participatives ou pas) aux US surtout qui partagent allègrement en open source leurs analyses, expériences et leurs échecs (fort de décennies d’expérience et de pratique, le réseau des food coop y est particulièrement bien structuré et accompagné de structures coopératives ou associatives pour cela) …

Que l’on soit une coopérative participative ou pas, l’ambition de fédérer et servir l’intérêt d’une communauté (communauté de membres, communauté au sens large à l’échelle d’un territoire) reste la même en principe et d’ailleurs une de ses spécificités majeures qui fait sa force quand elle y arrive !

J’ai d’ailleurs en tête, le webinaire d’une food coop aux US qui avait fermé et témoigné de son expérience. Un des regrets de cette coop et qui avait participé à la mettre en difficulté, selon elle, avait été d’avoir un peu trop ‹ capitalisé › sur le business, la gestion du magasin qui était en soi très exigeant et pas assez sur la communauté. La mobilisation avait existé surtout au départ mais il leur avait manqué de construire et d’investir dans un mouvement plus profond pour durer …
La question de la concurrence qu’ils n’ont pas vu venir y était aussi évoquée et bien d’autres choses.
Je retrouve et je poste ici !

L’ami Antonin à qui j’envoie des choses parfois me tanne depuis des lustres pour que je les poste ici pour tous. Faire de la veille me semble important et puis ça aide à forger sa propre culture. Moi ça m’apporte un certain éclairage et recul nécessaire à nos projets dont on peut manquer parfois, happés par le rouleau compresseur du quotidien d’un magasin ou d’un projet à faire avancer.
Il faut que je m’y mette à poster en ligne !!!

Pour ce qui est du choix de ‹ C’est qui le Patron ›, je trouve qu’il a été pas mal pensé justement et un pari réussi. Le fondateur a toujours assumé avoir à dessein choisi le réseau de la grande distribution pour être accessible au plus grand nombre possible très vite. Le succès de son lait bio par exemple, a eu pour effet de montrer à toute la distribution qu’il y’avait un vrai marché possible pour une offre plus ‹ équitable › pour tous. Ca a participé à faire évoluer un rapport de force que l’on pensait pourtant figé. Ce n’est pas rien. Maintenant, on ne compte plus les marques et les distributeurs du non bio ou du monde bio qui leur ont emboité le pas. CQLP va jusqu’à partager à qui le demande le cahier des charges de leurs produits pour encourager les initiatives telles que les leurs à prospérer !

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