Question sur les marges / produits


#1

Bonjour !

On a une question à Ti Coop concernant la marge appliquée sur les produits.
Comment pratiquez-vous les uns les autres ?

  • Marge unique sur tous les produits ? 20 % ?
  • Ou une solution plus souple à l’ouverture ? Et dans ce cas, selon quels critères avez-vous appliqué une marge différenciée selon les produits ? Et dans ce cas encore =comment avez-vous communiqué sur ce choix ?

Merci beaucoup de vos retours !
Armelle


#2

Salut Armelle,

Le modèle “type” est celui de la Louve :
Ils font une marge unique de 20% sur tous les produits de leur magasin.
Cela dit, ils appliquent une pré-marge qui est sensée déduire les “pertes” sur certains rayons de produits frais périssables : par exemple les fruits et légumes.
Ils rajoutent donc un coeff de x% sur leur rayon en fonction des pertes réalisées auparavant. Cela permet de gérer très précisément la marge réalisée puisqu’elle tient compte des pertes.

Le cas de la Cagette est particulier et assez intéressent même si je ne suis pas sur de le conseiller plus que celui de la Louve.
A l’ouverture, nous faisions une marge unique de 20% sur tout le magasin sans pré-marge. Par conséquent nous faisions globalement moins de marge que la Louve.
Au bout d’un an, nous nous sommes redus à l’évidence que cette marge ne permettait pas de couvrir nos besoins et que nous n’aurions pas les moyens de nous développer correctement. Du coup nous nous sommes posés la question :

  • Fallait t’il rajouter des pré-marges sur les pertes comme le faisait la Louve?
  • Fallait t’il augmenter notre marge unique ?
    Nous avons choisi d’augmenter la marge unique en passant à 23% sur tout le magasin.

Le raisonnement a été que nous préférions garder le caractère “transparent” qu’apporte la marge unique sur tous les rayons : lorsque quelqu’un dépense 1€ à la Cagette il sait que la Cagette prendra 23%. Il sait combien revient au fournisseur sur chacun de ces euros dépensé. Le concept de pré-marge complexifie un peu ce calcul pour le “consommateur”.
Le second effet que la marge unique produit, c’est que les pertes sur les produits périssables sont impactées sur le chiffre d’affaire global.
Le modèle de marge unique avantage donc les rayons de produits frais périssables et désavantage les rayons “secs” ou “non alimentaires”. Le mauvais côté est qu’il a tendance à augmenter le prix des produits “de base” que nous avons du mal à trouver à des tarifs compétitifs. A l’inverse, il nous permet d’avoir des excélents tarifs sur les fruits et légumes…

Voilà où nous nous en sommes arrêtés de notre réflexion.
Merci pour vos retours !


#3

Mille mercis pour ce partage Antonin !
Je transmets aux coopérateurs.trices qui bossent le sujet pour Ti Coop et je viendrai partager ici le fruit de nos réflexions et le choix qui aura été fait !

Armelle


#4

Bonjour Antonin,
Quand tu parles de marge de 20%, c’est un coefficient de 1,2 ou une réelle marge de 20%, soit un coefficient de 1,25?


#5

Salut Marc, pour calculer un prix de vente ttc a partir d’un prix d achat ht il fait faire l opération suivante :
si tva à 5,5% et marge à 20% : prix d achat ht x 1,2 x 1,055 = coef de 1,266
si tva à 20% : prix d achat ht x 1,2 x 1,2 = coef de 1,44.
N hésite pas si tu as d autres questions.
a+


#6

Salut Antonin,

Une marge et un taux de marge se calculent toujours HT.

Dans les activités commerciales, on calcul presque toujours la marge en fonction du prix de vente, et non du prix d’achat. On devrait d’ailleurs plutôt parler de “taux de marque” pour utiliser un vocabulaire précis, mais les différentes entreprises commerciales pour lesquelles j’ai travaillé ont toujours parlé à tort de “taux de marge”.

Avec un coeff de 1,2, tu n’as pas un TM de 20%, mais de 16,67%.
TM = (PV-PA)/PV
Avec un PA à 10€
TM = (12-10)/12 = 16,67%

Pour un TM de 20%, il faut un coeff de 1,25.
TM = (12,5-10)/12,5 = 20%


#7

+1 Marc c’est exactement ça ! Moi j’ai bossé dans la grande distri et ils font aussi tous la même erreur (ils parlent de leur “marge de 30%” quand c’est un coef de 1,3)…


#8

Et donc à la cagette, vous appliquez un coeff de 1,2 ou de 1,25?


#9

1,23 mon cher ! On a rajouté 3 points suite à une première année vraiment pas terrible et on est très contents comme ça. On rebaissera quand on sera vraiment bénéficiaires (=quand les excédents des années 2,3 et 4 auront comblé les pertes de l’année 1 et redonné à la part de coop sa valeur nominale de 10€). Après comme dit ailleurs, on peut appliquer des “prémarges” sur les rayons sujets à casse (tri/promo/compostage du FL, dessication du vrac etc), mais nous on ne le fait pas, donc en quelque sorte c’est le sec qui paye pour le frais (lequel pèse + de 50% de nos ventes du coup, c’est pas étonnant). Et vous à Tours alors ? Et Brest au fait @armelle_ticoop vous avez décidé quoi ? Just asking…


#10

Merci Julien pour cet éclaircissement.
Nous n’avons pas encore pris de décision définitive au Troglo.
A priori, nous nous orientons vers un coefficient de 1,25 au début, quitte à le baisser ensuite si la coopérative réalise des bénéfices bienheureusement imprévus.
La difficulté, c’est de faire le bon choix de fournisseurs / gammes / stratégie d’appros pour respecter nos engagements de départ d’être moins chers que la concurrence.
Au delà de la convivialité, de l’emplacement, de la gestion et de l’animation du magasin, le choix des fournisseurs et des produits est vraiment un élément clef dans la réussite du supermarché.
Nous comptons faire une étude auprès de nos coopérateurs très prochainement pour connaitre au mieux leurs attentes en termes d’offre produits.


#11

Hé bé écoute ça m’a l’air très bien parti tout ça ! Ce qu’il y a de plus intéressant dans les projets de supercoops je trouve, c’est de déterminer l’assortiment qui corresponde le mieux à la sociologie de tes coops… puis de la faire évoluer avec le travail sur les produits et les prix. Saint Boothe l’a dit, qu’un exégète émérite me corrige si je me trompe : “un supermarché coopératif c’est comme un autobus, on est tous assis dedans et on ne sait pas forcément où on va” !


#12

Hello
À Ti Coop ce sera une marge de 20% sur tout sauf sur les fruits et légumes : 25% !

Armelle


#13

Bonjour,
Je me glisse dans la discussion fort intéressante car nous venons nous même d’avoir quelques échanges de mails en interne sur la marge à 20% et le facteur à 1,20…
C’est sur un autre point que j’aimerais avoir un éventuel retour d’expérience. Cela concerne toujours la marge mais cette fois-ci en lien avec le fournisseur.
Un fournisseur de savons que nous vendons nous a informé qu’un de ses clients s’est plaint des prix que nous appliquions sur les savons et que nous ne respections pas les prix conseillés par le fournisseur. Ce dernier nous demande donc d’appliquer les prix conseillés ou il nous vendra ses savons à prix public. Les fournisseurs de savon ne manquant pas dans la région, nous sommes à regarder pour un autre fournisseur. La question reste cependant, dans quelle mesure la pression qu’il tente d’exercer est-elle légale ? Nous avons du mal à entendre le terme de concurrence déloyale en ce sens que nos ventes ne sont pas publiques mais réservées aux membres qui s’acquittent de leurs tâches. La législation dit-elle quelque chose sur l’obligation d’appliquer un prix conseillé ? J’imagine que nous ne sommes pas les premiers à rencontré cette problématique et aimerais pouvoir profiter de vos expériences en la matière.
Merci d’avance pour vos retours et belle journée
Laurent


#14

Salut Laurent, pour moi c’est juste du commerce et il n’y a pas vraiment de loi à laquelle se référer… les propos de ton savonnier rejoignent le discours typique des fneurs de liquides (bière, vin et notamment champagne) qui se plaignent que tu dévaloriserais leur produit en le proposant “sous le prix du marché” ! Or dans une supercoop, les produits ne sont pas sur le marché, puisque la différence de prix est payée par celles et ceux qui viennent y travailler bénévolement, et qui sont les seul.e.s à pouvoir bénéficier desdits prix. Si un fournisseur joue à l’idiot et fait semblant de ne pas comprendre ce raisonnement très simple, je lui désigne en général la porte de sortie, avec un grand sourire… pour moi tu as donc raison !


#15

Merci Julien pour ces éléments d’argumentation. Je pense que nous avons besoin de repréciser les conditions de nos ventes afin de s’assurer que notre fonctionnement est clair pour ce fournisseur.


#16

Salut,

Les prix sont libres.
Un fournisseur n’a pas le droit d’imposer des prix de vente publics.
Si tu as des preuves de pression (genre s’il a été assez con pour te faire un email), tu peux les attaquer en justice. Dans mon boulot on a été très souvent confrontés à ce genre de procédures. J’ai des confrères qui en ont coulé leur entreprise.
Mais un fournisseur qui a ce genre de pratiques, en effet, le mieux c’est de lui faire comprendre qu’il n’est pas indispensable. S’il pense que 3 heures de travail n’a pas de prix, tant pis pour lui !!