sauf erreur, il y a quelques années La Cagette a initié une démarche de tarification différenciée selon les ressources. sur la base du volontariat pour les coopérateurs payant plus que le tarif de base. je n’en sais pas plus mais apprécierais retours d’expérience ou avis sur le sujet. comme plus généralement sur les actions et démarches visant à intégrer le plus large éventail possible de catégories sociales.
Du coup je vais un peu compléter, et les propos qui suivent n’engagent que moi (même si ils sont partagés par beaucoup). L’idée d’appliquer un tarif différencié est séduisante à première vue, ça a une teinte solidaire, on se dit que c’est concret, que ça va aider… Selon moi c’est tout le contraire.
En effet, d’une part à l’échelle d’un magasin cet élan de solidarité aidera peut-être un peu quelques personnes, mais ça n’ira pas bien loin, et cet élan de solidarité au final ne règlera en rien les problèmes de précarité alimentaire : aider quelques personnes ne fait pas avancer la cause de la sécurité alimentaire de la population, aider quelques personnes c’est une forme de charité si c’est sur la base du volontariat. Ce type d’initiative a des biais très marqués : culpabilisation de nombre de personnes qui souhaiteraient aider et ne le peuvent pas, stigmatisation des bénéficiaires qui doivent afficher leur demande de tarif réduit (“je suis pauvre”), le cas échéant selon les volumes l’opération peut venir peser sur la structure pour des questions opérationnelles de gestion. Au final j’ai la sensation que ce type de dispositif a plus tendance à satisfaire ceux qui donnent que ceux qui sont censés en bénéficier.
Un projet de Caisse Commune Alimentaire, petite sœur d’une Sécurité Sociale Alimentaire, a comme l’Assurance Maladie plusieurs intérêts majeurs : tout le monde peut y accéder sans que personne ne connaisse les situations personnelles (pas de stigmatisation), les personnes font leurs achats sans le sentiment de devoir justifier d’être sans moyens. Le dispositif est large, a visée exponentielle, c’est un projet social global. La précarité alimentaire est un sujet de société, qui je pense doit être pris en charge par la société, les petites initiatives ponctuelles ne peuvent pas avoir un impact décisif sur un sujet si vaste et si important.