Tarifs différenciés selon ressources

bonjour,

sauf erreur, il y a quelques années La Cagette a initié une démarche de tarification différenciée selon les ressources. sur la base du volontariat pour les coopérateurs payant plus que le tarif de base. je n’en sais pas plus mais apprécierais retours d’expérience ou avis sur le sujet. comme plus généralement sur les actions et démarches visant à intégrer le plus large éventail possible de catégories sociales.

merci

xavier la GEG Nancy

Bonjour, non on n’a pas fait cela à La Cagette.

Héhé, par contre il y a eu (et il y a toujours) TAV :

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Du coup je vais un peu compléter, et les propos qui suivent n’engagent que moi (même si ils sont partagés par beaucoup). L’idée d’appliquer un tarif différencié est séduisante à première vue, ça a une teinte solidaire, on se dit que c’est concret, que ça va aider… Selon moi c’est tout le contraire.

En effet, d’une part à l’échelle d’un magasin cet élan de solidarité aidera peut-être un peu quelques personnes, mais ça n’ira pas bien loin, et cet élan de solidarité au final ne règlera en rien les problèmes de précarité alimentaire : aider quelques personnes ne fait pas avancer la cause de la sécurité alimentaire de la population, aider quelques personnes c’est une forme de charité si c’est sur la base du volontariat. Ce type d’initiative a des biais très marqués : culpabilisation de nombre de personnes qui souhaiteraient aider et ne le peuvent pas, stigmatisation des bénéficiaires qui doivent afficher leur demande de tarif réduit (“je suis pauvre”), le cas échéant selon les volumes l’opération peut venir peser sur la structure pour des questions opérationnelles de gestion. Au final j’ai la sensation que ce type de dispositif a plus tendance à satisfaire ceux qui donnent que ceux qui sont censés en bénéficier.

Un projet de Caisse Commune Alimentaire, petite sœur d’une Sécurité Sociale Alimentaire, a comme l’Assurance Maladie plusieurs intérêts majeurs : tout le monde peut y accéder sans que personne ne connaisse les situations personnelles (pas de stigmatisation), les personnes font leurs achats sans le sentiment de devoir justifier d’être sans moyens. Le dispositif est large, a visée exponentielle, c’est un projet social global. La précarité alimentaire est un sujet de société, qui je pense doit être pris en charge par la société, les petites initiatives ponctuelles ne peuvent pas avoir un impact décisif sur un sujet si vaste et si important.

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Je comprends bien tes arguments et je suis d’accord avec.Cependant entre l’idéal et le réel il y a peut être une solution à construire.
Il y a des expérimentations de la sécurité sociale de l’alimentation dans divers lieux en France. On pourrait objecter que cela n’a lieu que dans certaines villes et que le monde rural est pratiquement complètement oublié. Cependant c’est une expérimentation et cela permet d’évaluer des choses malgré toutes ses imperfections. La Chouette Coop a été conventionné par l’expérimentation sur Toulouse.
Par ailleurs, sur l’aspect solidarité entre coopérateurs, les points que tu soulèves existent effectivement. Il faut donc imaginer des moyens pour au moins les atténuer. A la Chouette nous avons mis en place une tirelire pour récolter des dons de coopérateurs pour créer ce que l’on a appelé des bons solidaires. Nous avons également mis en place des arrondis de caisse affectés au produit “Bons solidaires”. Ainsi entre la tirelire et les différents arrondis de caisse dès qu’il y a un budget suffisant nous créons des bons solidaires d’une valeur de 10€. Ces bons solidaires sont accrochés sur un fil dans le vestiaire. Chacun peut se servir sans aucun justificatif et peut les utiliser pour régler ses courses. Il est demandé aux caissiers de promouvoir les arrondis de caisse. Certains ne se sentent pas forcément à l’aise avec cela mais il y a tout à fait moyen de le présenter en indiquant bien que cela n’est pas obligatoire. C’est imparfait et certainement insufisant mais avec cette approche relativement simple nous évitons en grande partie la stigmatisation et la culpabilisation.

J’aime bien l’idée des “bons suspendus” ! :slightly_smiling_face: