Paniers anti gaspi, comment faire ça dans les règles?

Bonjour :hibiscus:

Ici Fresnes dans le Val-de-Marne (94).
Nous envisageons la possibilité de proposer des paniers anti gaspi avec des applications comme Phenix ou Too Good to Go.

J’y vois les avantages suivants :

  • récupérer quelques euros sur des produits qui finiraient au rebut de toutes façons
  • nouvelle visibilité par des personnes qui n’auraient pas encore entendu parler de notre coop ou qui n’auraient pas encore osé passer la porte
  • (les produits n’allant jamais à la poubelle, l’argument du gaspi n’est pas vraiment valable)

Est-ce que ça se fait déjà quelque part ? Si vous connaissez le principe, avez-vous déjà vu des coopératives le proposer ?

Comment rester dans la légalité en mettant ce système en place ? À qui pourraient être facturés les paniers ? En passant par notre asso « Amie » ?

Merci pour vos avis et vos lumières :bulb:

Bonjour,
Si vous êtes sous le statut coop 47, vous pouvez réaliser jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires auprès de non-coopérateurs. Il n’y a donc aucun pb à facturer les personnes qui achèteront via l’application.
Je ne pense pas que faire intervenir l’asso dans la transaction apporte quelque chose, au contraire.

Bonjour Jocelyne, merci pour ta réponse.

Je ne suis pas certaine de connaître ce statut « coop 47 » donc je vais creuser un peu cette piste.
Si d’autres personnes ont des retours d’expérience, ça m’intéresse toujours.

Le statut coop 47 est celui des coopératives qui ne sont ni des SCIC ni des SCOP. Les SAS coopératives, entre autres, sont des coop 47 (en référence à la loi de 1947 sur les coopératives qui régie toujours ce statut).

Salut Jocelyne,

Malheureusement, je crois que la situation n’est pas si simple que tu ne le présente.
La loi de 47 autorise effectivement à vendre à des non-coopérateur.ice.s.
En revanche, elle n’autorise pas du tout à recourir au bénévolat pour accomplir des taches qui peuvent s’apparenter à du travail (caisse, rayonages…). A priori, le recours au bénévolat dans une structure commerciale est interdite y compris dans les coop de loi 47.
C’est pourquoi rajoutons une couche juridique sur la loi de 47 afin de nous prémunir de la requalifiquation de nos bénévoles en salarié.e.s.

Voici le lien vers les fils de discussion dans lesquels nous avons déjà traité ce sujet :
1/ Achat par des non-coopérateurs
2/ Cadre juridique du bénévolat
A la Cagette nous considérons qu’il ne faut pas vendre à des non sociétaires.
Les coops ont toutes leur propre appréciation sur la question et, comme c’est une zone de flou juridique, il faut que vous choisissiez si vous êtes plutôt sur une approche « zéro risque » ou si vous préférez prendre des risques afin d’augmenter votre chiffre d’affaire.

Bonne soirée

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Merci Antonin pour ta réponse et pour les liens riches d’informations.
Nous ne sommes en effet pas concernés par la loi 47.

Je me renseigne plutôt sur la piste de l’asso amie qui achète les « pertes » et les revend elle-même à Too Good to Go ou Phenix.

Bonne soirée

Par rapport à l’éthique de too good to go : Too good to go, l'appli qui rend fierté aux nécessiteux

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Bonjour Yo

Merci pour cet article qui apporte un autre regard de ce système.
Pourrais-tu développer ton idée ?

Nous avons abordé le sujet en début d’année par chez nous. Le constat étant qu’au rayon F&L nous avons en moyenne 5kg de perte par semaine (évaluation de début d’année, je ne sais pas où nous en sommes), même si ça fait beaucoup comme ça, en réalité ce sont des pertes très hétérogènes et généralement en bout de course… donc pas très jojo pour un panier.

A été tenté le « panier surprise » maison, en gros un sac kraft à 1 ou 2€ avec des F&L qui seraient partis au composte (une pomme talée, des carottes biscornues un peu vieilles, etc) et donc de faire un micro bénéfice au lieu d’une perte sèche.

C’est artisanal et utilisé ponctuellement. En tout cas la logistique et le coût d’une appli dédiée n’était pas proportionnelle aux pertes à gérer.

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Bonjour Eva, merci pour ton retour d’expérience.

Nous proposons déjà nos coops des « cagettes » à 2, 1 voire 0,5 euros de fruits et légumes abîmés. Nous allons donc continuer cette offre mais il serait bien de gagner également quelques euros avec les produits frais plus couteux (viandes et laitages).
Dans les paniers anti-gaspi ce serait donc une combinaison de ces cagettes et d’autres produits frais en date courte.
Tout en gardant en tête que l’idée principale est d’avoir une nouvelle visibilité pour les personnes extérieures.

Et sinon, après réflexion et en guise de conclusion, nous allons faire acheter les paniers par notre asso « Amie » qui, elle, se fera rembourser par l’entreprise qui gère les paniers.

Bonne journée ! :hibiscus: